{"id":8929,"date":"2020-02-12T16:38:00","date_gmt":"2020-02-12T16:38:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ihrda.org\/?p=8929"},"modified":"2020-02-12T16:38:02","modified_gmt":"2020-02-12T16:38:02","slug":"ihrda-attrait-la-gambie-devant-la-cour-africaine-pour-violation-de-liberte-de-reunion-et-dexpression-des-citoyens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/2020\/02\/ihrda-attrait-la-gambie-devant-la-cour-africaine-pour-violation-de-liberte-de-reunion-et-dexpression-des-citoyens\/","title":{"rendered":"IHRDA attrait la Gambie devant la Cour africaine pour violation de libert\u00e9 de r\u00e9union et d\u2019expression des citoyens"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Banjul, le 12 f\u00e9vrier 2020:<\/em><\/strong> L\u2019\u00ab\u00a0Institut des droits de l&rsquo;homme et du d\u00e9veloppement en Afrique\u00a0\u00bb (IHRDA) et 2 avocats Gambiens le 22 janvier 2020 ont introduit une requ\u00eate devant la Cour africaine des droits de l\u2019homme et des peuples contre\u00a0 la Gambie, pour le compte de sept Gambiens, au sujet de violation des droits de citoyens \u00e0 la libert\u00e9 de r\u00e9union et d\u2019expression.<\/p>\n\n\n\n<p>Les 7 Gambiens sont des journalistes, des d\u00e9fenseurs\ndes droits de l&rsquo;homme et des hommes d&rsquo;affaires, qui s&rsquo;appuient sur le principe d\u2019<em>actio popularis<\/em> permettant aux individus\net aux organisations d\u2019initier des proc\u00e8s au nom du public en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>Les plaignants all\u00e8guent que la loi gambienne sur l&rsquo;ordre public, promulgu\u00e9e pour interdire les associations des particuliers agissant \u00e0 des fins militaires et pour le maintien de l&rsquo;ordre dans les manifestations publiques, applique des normes qui violent le droit des citoyens \u00e0 la libert\u00e9 d&rsquo;expression (article 9 ( 2)), la libert\u00e9 d&rsquo;association (article 10) et la libert\u00e9 de r\u00e9union (article 11). Les plaignants soutiennent que l&rsquo;article 5 (2) de ladite loi, qui oblige les citoyens \u00e0 demander une autorisation aupr\u00e8s de l&rsquo;inspecteur g\u00e9n\u00e9ral de la police (IGP) ou du gouverneur de la r\u00e9gion concern\u00e9e avant d&rsquo;organiser une manifestation publique, attribue beaucoup de pouvoirs de caract\u00e8re unilat\u00e9ral et discr\u00e9tionnaire auxdites autorit\u00e9s, qui peuvent accorder ou rejeter la demande si elles le jugent appropri\u00e9, alors qu&rsquo;aucun m\u00e9canisme n&rsquo;est pr\u00e9vu pour permettre le r\u00e9examen de leurs d\u00e9cisions. De plus, l&rsquo;article 5 (4) de la loi autorise un magistrat ou un officier de police au-dessus du rang de sous-inspecteur \u00e0 arr\u00eater toute manifestation publique sans autorisation, ou avec atteinte \u00e0 l&rsquo;une des conditions stipul\u00e9es au cas o\u00f9 la manifestation est autoris\u00e9e. Une telle r\u00e9union est consid\u00e9r\u00e9e comme ill\u00e9gale et toute personne qui y participeest susceptible d\u2019une poursuite pouvant entra\u00eener <s>\u00e0<\/s> une peine d&#8217;emprisonnement et \/ ou une amende. En cons\u00e9quence, plusieurs tentatives r\u00e9centes de manifestations pacifiques, qui ne semblaient pas conformes aux dispositions de ladite loi, ont \u00e9t\u00e9 brutalement r\u00e9prim\u00e9es par les forces de l&rsquo;ordre, entra\u00eenant des violences publiques, la destruction de biens, des blessures, des arrestations, la d\u00e9tention et m\u00eame la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>En mai 2018, des membres d&rsquo;un parti\npolitique, y compris l&rsquo;un des plaignants dans la pr\u00e9sente affaire, ont d\u00e9pos\u00e9\nune requ\u00eate aupr\u00e8s de la Cour supr\u00eame de Gambie contestant la\nconstitutionnalit\u00e9 de l&rsquo;article 5 de ladite loi, qui, selon eux, contrevenait \u00e0\nla libert\u00e9 d&rsquo;expression, la libert\u00e9 de se r\u00e9unir et de manifester pacifiquement\nsans armes, et la libert\u00e9 de se d\u00e9placer librement en Gambie, garanties par la\nsection 25 de la Constitution gambienne de 1997. La Cour a jug\u00e9 que lesdites\nrestrictions \u00e0 l&rsquo;exercice de ces droits \u00e9taient raisonnables,\nconstitutionnellement l\u00e9gitimes, admissibles et justifiables dans toute soci\u00e9t\u00e9\nd\u00e9mocratique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les plaignants soutiennent que les droits\nqui auraient \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s sont \u00e9galement inscrits dans la Charte africaine des\ndroits de l&rsquo;homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits\ncivils et politiques, auxquels la Gambie est partie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les plaignants demandent \u00e0 la Cour de\nd\u00e9clarer que l&rsquo;article 5 de la loi sur l&rsquo;ordre public de la Gambie viole le\ndroit \u00e0 la libert\u00e9 de r\u00e9union et d&rsquo;expression; et que la Gambie a viol\u00e9 les\ndroits des plaignants \u00e0 la libert\u00e9 de r\u00e9union et d\u2019expression dans sa\ndissolution et sa r\u00e9pression de certaines manifestations pacifiques r\u00e9centes.\nLes plaignants demandent \u00e9galement \u00e0 la Cour d&rsquo;ordonner \u00e0 la Gambie d&rsquo;abroger\nou de modifier imm\u00e9diatement l&rsquo;article 5 de la loi pour l&rsquo;aligner aux standards\ninternationaux applicables \u00e0 la Gambie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Banjul, le 12 f\u00e9vrier 2020: L\u2019\u00ab\u00a0Institut des droits de l&rsquo;homme et du d\u00e9veloppement en Afrique\u00a0\u00bb (IHRDA) et 2 avocats Gambiens le 22 janvier 2020 ont&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[377,4,51],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8929"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8929"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8929\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8930,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8929\/revisions\/8930"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8929"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8929"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8929"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}