{"id":12017,"date":"2024-04-16T09:34:49","date_gmt":"2024-04-16T09:34:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ihrda.org\/2024\/04\/caedbe-43eme-so-declaration-dihrda-sur-le-mariage-des-enfants-et-les-mgf-au-mali\/"},"modified":"2024-06-05T09:03:18","modified_gmt":"2024-06-05T09:03:18","slug":"caedbe-43eme-so-declaration-dihrda-sur-le-mariage-des-enfants-et-les-mgf-au-mali","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/2024\/04\/caedbe-43eme-so-declaration-dihrda-sur-le-mariage-des-enfants-et-les-mgf-au-mali\/","title":{"rendered":"CAEDBE 43\u00e8me SO : D\u00e9claration d\u2019IHRDA sur le mariage des enfants et les MGF au Mali"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Honorable Pr\u00e9sident et Membres du Comit\u00e9 africain d&rsquo;experts sur les droits et le bien-\u00eatre de l&rsquo;enfant (le Comit\u00e9),<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Excellences,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Honorables d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s d\u2019Etat,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mesdames et Messieurs,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Institut des droits de l&rsquo;homme et du d\u00e9veloppement en Afrique (IHRDA) f\u00e9licite le Comit\u00e9 pour la tenue de sa 43\u00e8me session ordinaire \u00e0 Maseru, au Lesotho.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;IHRDA est une organisation non gouvernementale panafricaine dont le mandat est de prot\u00e9ger et de promouvoir les droits de l&rsquo;homme et le d\u00e9veloppement en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>A cet \u00e9gard, l\u2019IHRDA, tout comme ses partenaires membres du Pool d\u2019Avocats et de D\u00e9fenseurs des Droits de l\u2019Homme du Mali, se r\u00e9jouit de l\u2019opportunit\u00e9 qui lui est accord\u00e9e de partager avec vous ses pr\u00e9occupations sur les probl\u00e9matiques des mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF) et du mariage d\u2019enfant qui nuisent au bien-\u00eatre des filles au Mali, comme dans plusieurs autres pays africains.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Mali, comme certains autres pays, n\u2019a aucune loi qui interdit les mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines et les mariages d\u2019enfants, malgr\u00e9 la signature de plusieurs conventions internationales par l\u2019Etat malien qui interdisent ces pratiques coutumi\u00e8res n\u00e9fastes qui sont largement accept\u00e9es et r\u00e9pandues au Mali. Les filles et femmes sont ainsi laiss\u00e9es sans recours ni protection contre ces violations des droits humains. L\u2019Enqu\u00eate Nationale D\u00e9mographique et de Sant\u00e9 du Mali (EDSM, 2018) indique que :<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>\u202273% des filles de 0-14 ans et 89% des femmes de 15-49 ans sont excis\u00e9es, malgr\u00e9 que la pratique ait des cons\u00e9quences graves sur la sant\u00e9 sexuelle et reproductive des futures adolescentes et femmes ;<\/li>\n\n\n\n<li>\u202214,3 % des adolescentes de 15-19 ans \u00e9taient mari\u00e9es ou en unions avant d\u2019atteindre 15 ans exacts. <\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>En avril 2021, IHRDA et ses partenaires ont saisi la Cour de Justice de la CEDEAO aux fins de mettre la pression sur le gouvernement malien pour adopter une loi contre les MGF. Nous tenons \u00e0 signaler qu\u2019idem a \u00e9t\u00e9 fait en juillet 2023 concernant la m\u00eame probl\u00e9matique en Sierra Leone. <\/p>\n\n\n\n<p>En mai 2018, IHRDA et son partenaire malien l\u2019Association pour le Progr\u00e8s et la D\u00e9fense de Droits des Femmes Maliennes (APDF) ont obtenu un jugement favorable de la Cour africaine des droits de l\u2019homme et des peuples, contre le Mali, reconnaissant les violations des dispositions du Protocole de Maputo par rapport \u00e0 l\u2019\u00e2ge du mariage de la jeune fille. Le Code des personnes et de la famille du Mali autorise le mariage de la jeune fille \u00e0 16 ans alors que le Protocole de Maputo, ainsi que le Charte africaine des droits et du bien-\u00eatre de l\u2019enfant, fixent cet \u00e2ge \u00e0 18 ans. La Cour a donc ordonn\u00e9 au Mali de r\u00e9viser ladite loi pour se conformer \u00e0 ses obligations internationales \u00e9manant des instruments juridiques susmentionn\u00e9s ; de sensibiliser \u00e9ducation les populations sur les dispositions de ces instruments, et d\u2019assurer leur mise en \u0153uvre. Le gouvernement malien maintient toujours en vigueur ces dispositions.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, avec l\u2019appui d\u2019IHRDA, APDF travaille quotidiennement \u00e0 la pr\u00e9vention et la protection des filles contre les MGF et les mariages d\u2019enfants, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019autonomisation des adolescentes d\u00e9scolaris\u00e9es et non scolaris\u00e9es \u00e0 travers des formations sur des fili\u00e8res pertinentes. Ces actions ont pour but de contribuer au respect des droits fondamentaux des enfants au Mali. C\u2019est ainsi qu\u2019en 2023, 109 filles de 9-14 ans ont pu etre sauv\u00e9es des mariages avant 18 ans (46 \u00e0 Bamako et 63 \u00e0 Nioro du Sahel), et 32 filles de 0-9 des MGF (3 \u00e0 Bamako et 29 \u00e0 Nioro) gr\u00e2ce aux actions combin\u00e9es des m\u00e9canismes communautaires mis en place par l\u2019APDF.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, nous r\u00e9affirmons solennellement notre engagement envers la promotion et la protection des droits fondamentaux des enfants et plus particuli\u00e8rement des adolescentes et jeunes filles au Mali, comme dans toute l\u2019Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous exhortons le Comit\u00e9 \u00e0 poursuivre son dialogue avec les \u00c9tats parties \u00e0 la Charte et \u00e0 leur faire comprendre la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre des mesures juridiques et autres pour \u00e9radiquer le mariage des enfants, les MGF et autres pratiques pr\u00e9judiciables \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des filles africaines. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous demandons au Comit\u00e9 de recommander au Mali :<\/p>\n\n\n\n<ol style=\"list-style-type:1\">\n<li>1.\tDe se conformer \u00e0 ses obligations internationales \u00e9manant des instruments juridiques ratifi\u00e9s par rapport aux mariages d\u2019enfants.<\/li>\n\n\n\n<li>2.\tD\u2019adopter des dispositions l\u00e9gislatives interdisant la pratique des MGF.<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Honorable Pr\u00e9sident et Membres du Comit\u00e9 africain d&rsquo;experts sur les droits et le bien-\u00eatre de l&rsquo;enfant (le Comit\u00e9), Excellences, Honorables d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s d\u2019Etat, Mesdames et Messieurs,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":12020,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[410,62,427,326],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12017"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12017"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12017\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12057,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12017\/revisions\/12057"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12020"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12017"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12017"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ihrda.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12017"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}